07.01.2010
Peintre
Bientôt, malgré la musique en arrière, rien ne restera qu'esquifs, que pas esquissés, que figures dansantes sur une drôle de mer. Il nous faut malgré tout nous entraîner à parler pour pouvoir régner avec elle, faire légèrement bouger les tableaux puisque tu les regardes. Tu pourras choisir une date, ou ton anniversaire, le temps d'un sourire ou tout d'un météore. Tu regarderas le tableau comme une grâce, une ouverture qui ouvrirait tout cela, une plaie refermée ; tu te souviendras des attitudes et du lien des mots entre eux, de ce qu'il y avait entre les hommes avant ta naissance, lien irrémissible et muet, que tu ne saurais jamais retrouver. A travers ce qu'offrent les mots tu pourrais voir les voyages et les vivre ; tu écouterais la radio lorsqu'il neige là-bas, tu recréerais les intervalles avec leurs formes lumineuses et chantantes, les manteaux qu'il faut avoir de toute couleur, les peaux fébriles ; la couleur même lorsqu'elle manque sur tes yeux. Tu verrais s'abaisser le jour pour faire place à la neige, l'étouffement par secondes, le silence qui viendrait. Tu serais peintre. Le tableau aurait bougé, légèrement.
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10.06.2009
là
tu es belle ou tu ne l'es pas, cela dépend
parfois tu le deviens
parfois on l'oublie et tu te rapproches de moi
tu : tes pas, ton souffle, tes paupières, tes absences
et puis le grain de ta voix : ta voix
la matière de tes mots
ce qu'ils disent puisque tu es là
ta beauté
13:09 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.04.2009
les joueurs de boules
Parfois je m'arrête devant les joueurs de boules. Au début, on n'y voit rien. Puis, on commence à repérer que cette partie, toujours la même, se déroule dans l'invariant, et le maniérisme. On y croise les attitudes, les rapports de force, et rien n'est plus absent que le jeu. Mais ses figures engagent les attitudes et les pas de chacun, d'une manière non comptable - on ne mesure pas, on ne s'attarde pas, on sait, comme au jeu de trictrac. On y croise le loup blanc, celui qui connaît tout le monde, embrasse ou n'embrasse pas, serre les mains, ou non, celui qu'on salue de loin, celui qui fait plaisir, connaît les spectateurs, te reconnaît peut-être. Tourne le dos dans l'enclos, à la partie en cours, sourit à tout le vent. L'attente est une partie essentielle des rendez-vous, il faut parfois l'imaginer, la créer puis la vivre, suivre des yeux un corps comme si c'était toi, même si cela bientôt s'absente. Te voir le long des grilles comme une autre, et puis saisir ton regard en passant. Imaginer la corde raide et les choses attachées puisque c'est aussi le reste qui importe, tout ce qui viendra avec nous, tout le corps et l'attente et les figures des univers différents seuls, en nous ; comment irais-tu, comment porter la différence et les plis d'une partition en soi, que faire d'une telle attente. La muer en absence, c'est à dire en présence indicible mais flotter en elle pour se promener dans la ville, trouver ses points de corde, redescendre le long des grilles, des à pics des gardes fous, des sérénades des morceaux de musiques, tu t'approches désormais je t'entends qui arrive.
11:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.04.2009
Bords
C'est cela, cette ouverture et la réalité par ta voix. La variabilité et la connaissance de nos intervalles intimes. La ville aujourd'hui est quadrillée comme une avance dans le temps et le contrôle des corps. Nous décidons de nous enfuir dans un petit endroit où l'on sert des tchaï, pourvu qu'il soit bien sombre, que nous puissions nous allonger côte à côte. On reproduit sans bien en avoir conscience les figures de l'amour courtois, et toutes les positions des corps demandées sans se toucher, sans se rendre à l'illusion dangereuse de savoir se prendre. Sans se rendre au danger, manière d'emporter comme on se rend au cours d'une rivière, à l'écouter, sur ses bords. En l'écoutant tout de même, mais présences dans ta voix, le grain ou les paupières, des dangers de la vie, des ruptures et des morts qui viennent, et de ce qui se joue et du respect de ces courants entre nous. N'est ce pas cela, le désir, et la montée du poème, de l'inassouvi et du grondement. Retourné à plusieurs endroits, entre moi et moi, entre toi et moi, plié. D'autres zones se touchent mais nous continuons à parler et originons les bords, les souffrances, les refus les lèvres et les rires. Puis nous sortons et je retrouve sous tes gestes ton pas, et cela aussi me bouleverse. Il me semble qu'un coup de langue a déjà collé sur les corps les bords dont nous parlions, nous ne pouvons plus que souscrire, ou est ce seulement moi. Au centre de tout, à l'écoute de l'instant est-ce toi...
13:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.04.2009
letter
"Je t'en supplie dis-moi que tu existes,
qu'il y a autre chose que la chaleur ou la coexistence ou
tout l'incompossible que quelque chose sinon s'ouvre, s'ouvrira, et que même si ce n'est pas
toi, il faut me le dire pour qu'il y ait encore autre chose et que je puisse trouver la
clef de l'instant et partir, à rebours, peut-être, vers nous, et prendre l'autobus, à l'arrière et voir se
dessiner des points d'interrogation aux ronds-points et mener la même vie mais
tout autrement, au travers de l'instant, ouvrir des
guillemets, tu sais je n'ai pas envie de nous, de
toi, cela ne ferait que tout détruire, mais de
toi comme désir, dans le désir et comme ouverture, béance et
paroles du désir, comme s'il parlait sans jamais
emplir, ni
forcer ni se
tarir mais dans l'emportement et le fait de prendre, de
ravir, que chaque porte soir un
point focal, que nous puissions
nous voir et de temps en temps passer des
seuils, ensemble."
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31.03.2009
Champ
C'est ainsi que tu ne dis plus grand chose, et moi non plus, d'ailleurs. Tout semble plié. Ce temps de la reconnaissance est passé, nous sommes sans illusion, nous savons chacun à qui appartient cette chambre vide. Parfois tout de même on se voit on s'imagine en prenant un café que quelque chose des reflets des vitrines pourrait s'inscrire sur notre histoire. Mais cela aussi nous échappe, perdue encore sous d'autres présences, d'autres structures invisibles. Parfois nos corps nous réclament, je ne sais pas comment tu vis cela, pourquoi laisser cela se jouer de nous. Une fois nous sommes partis pour cela, pour nous retrouver face à la mer dans cet hôtel de béton, et il y avait cet univers pour ne plus retrouver ce moment, l'histoire de ce croc en jambes qu'on peut également imprimer au langage, à quoi il sert, en somme. Pas plus d'illusion que le temps, la pierre, le papier non pas imprimé mais ouvré de ton écriture fine, sans les travaux du monde, sans les matins mais juste quand la porte se referme et tenter d'isoler ce qui se peut et pris dans ces reflets quand c'est la feuille qui tombe ou ton corps qui se dirige vers la salle de bain, quand quelque chose se recolle d'avec l'image ; l'image même et sa manière d'aller ailleurs. Devançant, s'illusionnant, tu me parles de tes amies de ton travail de créateur, qu'il faudra aller là comme en art plus loin de quelques signes -- et qu'on ne fait au mieux que remettre ses pas dans la trace d'un autre et qu'il s'agit de créer et sa trace et ses codes et de l'envisager comme un travail, comme une démarche, d'objectiver ainsi son passage dans le monde. Je te dis qu'il ne faut pas essayer d'entrer, mais sortir, mais que j'aime tes objets et puis passer entre eux et toi, que j'ai besoin de trouver comme un chemin pour sortir d'eux avec toi, d'oublier que la langue s'appuie trop sur une présence ou une conscience, qu'il me faut l'éviter, que je te parles, en somme, de cela, et en en parlant et en t'oubliant aussi bien, aussi vite.
Que nous nous sommes promis d'aller dans l'ouest et d'aller sentir comment se serait, autrefois, dans la lune, mais que je n'ai pas d'argent et qu'il me faut travailler pour ce voyage, que mes coupures de prisonnier ne font pas encore le poids, mais qu'ensuite, par un passage à trouver dans la terre nous irions, oui. Nous nous quittons, ou pas, évoquant cette photo égarée (donnée) ou quelque chose se levait sans l'obligation de suivre, d'être attiré, tout le recours du narratif, échappant, comme un hôtel, en objet.
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30.03.2009
déserter
Prendre le maquis et se croire au désert et ne plus habiter, ne plus croire que quelque chose sera possible, ici. Tout converge, du dimanche au campus jusqu'aux films d'Antonioni, aux manifs en courant on le sait qu'il faudrait habiter autre part, ou chez l'un ou chez l'autre, en chemin, ou partir au moins se promener terrain vague s'exposer et rêver sur des notes, résistant. Rencontrer comme l'autre nuit chez toi et les volets fermés le désir de ton corps, de tes gestes et puis d'un temps restreint, resserré, qui soit le notre. Où quelque chose s'abîme. On ne rencontre jamais personne, autrement. C'est pourquoi j'écris là, par désir de rencontres et non de création d'objet. Car les mots qui s'exposeraient ainsi deviendraient déjà autre chose, autre chose qu'un livre, objet de promotion, autre chose que moi, que ma vie, autre chose que personne n'imaginerait encore. Ce serait un livre ouvert à plusieurs voix, même s'il est improbable qu'il le soit. Capable de rencontrer quelqu'un, peut-être pas son publique, mais ses contemporains. On emprunterait plusieurs voix pour se voir et s'ignorer ; on signerait des lettres dans cette absence de lieux, il resterait des commentaires comme des scolies, on ferait éclater toutes les fixations pour prendre des risques derrière l'impersonnel, derrière l'impossibilité de se connaître et d'avoir des obligation, derrière le désir de voir enfin quelque chose du monde derrière les fausses images les faux journaux les faux voyages les fausses dérives... on partirait ensemble sans se voir, sans plus se voir, en sachant ce que l'autre lit et voit et toi, tes visions, et puissions nous les partager et chaque fois sur cette route, et sans retour, le goût du risque de ne pas savoir où l'on va.
15:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Gant
Je n'essaie pas de me découvrir sous le seuil d'un animal parlant, où là aussi, dans l'oubli, par l'adresse, mais, dans le geste, dans le fait de poser ou respecter un intervalle. Je n'essaie pas de ne pas m'arrêter de parler après ou avoir enlevé un faux nez ou un faux manteau pour une fausse réalisation et une éternité qui ne serait le fait que du souvenir d'aucun. Je crois au geste juste, de peu. De la séduction, si juste qu'on ne le tente pas, de peur qu'il n'enlève toute approximation, tout "toucher" toute phase de résistances, et dans les choses. Aussi je m'approche de ton étoffe, quitte à la manipuler, la ressentir de l'intérieur, quitte à t'y retourner, et y voir pour un temps notre substance, nos arrêtés. De la parole si elle soulève et emporte le peu des gestes que nous sommes. Si l'on peut en sortir par un paysage ou un ensemble de porte renouvelés. Si quelque chose s'en trouve augmenté ou dépourvu. Par exemple je m'endors dans le flux d'un paysage ou d'un ciel qui passe dehors et ma peau n'a pas plus de réalité que cet éclat d'entre d'eux, le passage d'un nuage ou la fixité de la lune, le reflet d'une goutte de pluie où les sons des musiques de l'aurore ou les réalités des fauves.
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29.03.2009
les trains
Ce qui reste d'atypique, quelques uns de tes livres, un carton (un petit pull en coton, une paire de gant, des dessous, une montre, des lettres, encore quelques livres) le tout sous une étagère de l'angle du toit. Même cela a pris une odeur différente, comme des outils sous une remise, ce n'est plus toi, ou nous, mais une odeur encore différente, tu n'es plus toi, ni nous ; les couleurs commencent à passer comme si le carton ne filtrait rien, qu'il n'échappait pas lui non plus à l'abandon des sentiments comme à quelque chose dont il convient, comme on n'est plus enfant, de se protéger.
Parfois la nuit je sors et je vais vers la grande voie voir les trains, les trains terrifiants dans la nuit. Comme le passage du Transsibérien, comme les flocons les étoiles, et les escarbilles mêlées. Je vais me réchauffer suivant dans quelque bouge, où l'on ne rencontre jamais que quelque âme de passage. Tout est fixe.
Sous le verre, un sous bock me regarde et l'alcool et les voix tracent une ligne comme la clepsydre le moment de partir. Suivant mettre la clef sous la porte, une dernière fois. Il m'arrive de regarder les étoffes plus que les visages ou les corps, qui ne signifient rien.
21:21 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Cambuse
J'essaie de n'avoir en une fois que peu d'éléments ou un livre ou quelques paquets de nourritures déshydratées colorées, rangées par ascendance de taille et les bouteilles qui correspondent, une corbeille de fruits, et flamande. Devant la vitre un appui de fenêtre en bois blanc s'écaillant, un peu plus loin la table, et contre le mur le matelas, deux places. Je rêve aux plantes que la chambre pourrait contenir ou bien non, plutôt, quand je passe devant des pots j'essaie de les voir ici, on possède mieux ce qu'on ne retient pas.
20:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mandorle
Le plus souvent la chambre est claire, bien rangée, comme si elle voulait accueillir quelqu'un. Faite pour soi. Pour recevoir la lumière. La ranger c'est redécouvrir la lumière, la lumière absente (c'est une chambre), presque la lumière dans son corps. Une sorte de spectre. Un puits. Il n'y a pas tant de solutions pour ranger la chambre. Pour que les choses semblent garder une couleur, une substance, une absence de volonté. Une neutralité. Parfois tu pensais que cette bibliothèque, cet ensemble de livre, était la tienne, contre la laideur, les couvertures reflétant quelque chose de notre relation, notre corps propre. Ces couteaux de cuisine, comptés, jetés. Ne pas garder plus qu'on ne perd chaque jour, ratio, appauvrissement sur la table, le bois ou le formica, les soudures, et sous les coudes de la table. Puis nous passions d'une chose à l'autre, de l'amour à nos corps et le dehors ressemblait au soleil de la chambre. La couverture séchait parfois, pendue devant la fenêtre, sous le cuivre ou la mandole de zinc des états du toit.
17:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les histoires
toutes les histoires les liquides les autistes les instituts les forêts les creux les trottoirs les bosses les promenades les ânes et les chevaux les promontoires les inutiles les lieux les semblables les courses les erres les changements les peaux les livres les noms et les passes les fragrances les désirs et les pertes les interfaces les murs les intervalles les liens les figures les sons les comment faire et les chutes les palmiers les miroirs les générations les solitaires et les artistes les faisant fonction les mandatés les anonymes les pas les mers les oasis les symptômes et les steppes les figurines les gestes les pauses les postures les frémissement les arrangements les agencements les arguments de curés les impossibilités de rien voir à soi-même, les déjeuners et les décentrement les fenêtres les rencontres oubliées les récurrences les tasses
17:02 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
hors-là
Pas d'image car le but reste de se perdre, au travers de son corps ou de tout autre moyen, de s'échapper, pluie ou bruine même si le rêve est absent c'est de partir qu'il s'agit.
Pas d'ici, mais creuser, oublier, rencontrer.
Comme écrire pour rien, ou pour personne, ou encore pour personne, à quelqu'un.
Marcher ou creuser sur soi. Ne pas sentir la pluie ; personne ne sent la pluie ou nu dans son jardin, déserter les faux fuyants. Retourner le gant de la société, sans lequel cette société ne tiendrait pas, devenir cette doublure douce, oubli, impression, regards, corps souple et comme portée, rencontre-absence, écriture sans souvenirs.
Et puis ne pas faire, pas faire semblant.
Faire contre soi que quelque chose tienne, tuteur fragile. Fleur inconstante de la sui-référence ou de l'acte d'amour tout s'envole en un instant. Il nous faut écrire vite, fouetter et rendre quelque chose de douloureux et fragile dans la langue.
La langue peut être un instrument de passage ou être dite aux carrefours, sous une falaise ou comme un instrument, sans s'entendre vraiment, comme quand l'on se parle.
L'idéal de se chuchoter, liquide, langue contre langue.
15:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Soulever
Je n'ajoute pas d'images, car mes jours sont déjà suffisamment bercés de ces choses, des mouvements, des inclinations même si, j'en parlais à Jean, la littérature serait à comprendre, à regarder dans ces allées et venues. Par exemple la manière dont un texte regarde un paysage ou dont cela fait un parcours suivi presque sans rien dire - en surlignant, en repassant, en marquant quelques traits . Silencieux autant qu'il le peut à la manière des images, de la rapidité dont les lettres peuvent s'inscrire et suivre aussi les gestes, finalement comme autant de mouvements vers l'extérieur. Comme on ne parle pas. On bizarrement, ou peu. Juste parcourir et puis oublier ne pas faire l'effort de comprendre juste souligner ou mettre en suspens comme autant d'attitudes une manière commune. Plus d'images sur les murs, juste la manière dont elles peuvent soulever les choses pour un temps lévitation les parallèles, toutes les histoires.
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28.03.2009
notes
Mais je descends ou écris mes listes ou mes lettres, notant soigneusement comme dans les Lettres Persanes les intervalles qui font sens, petite radio en bois et les cortèges qui passent parfois dont j'entends les rumeurs. Je ne lis que rarement celles qui m'arrivent, préférant n'en garder qu'un sens personnel, comme si elles pouvaient dissoudre l'homme que j'étais. Je passe le pont pour me rendre au travail, de nuit. En quelques instants je peux tomber dans les bras (fictivement) puis repousser la présence de l'autre comme la mienne propre. Il arrive que les mots les plus simples deviennent prénoms jusqu'à en mourir comme dans le centre d'une exposition, puis les choses se remettent en place, c'est à dire mal abouchées, de travers puis, je rentre chez moi. Je pousse le tapis. Ou je m'y endors, croyant sentir une présence (pas un souffle disons un mouvement ou un peu de chaleur, contre mon corps.
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27.03.2009
Décente
Pourtant j'aime particulièrement les vignettes, les photos qui racontent quelque chose d' (comme si quelque chose était (intelligible)), isolable, pérenne et allant de soi et se conservant plus de quelques heures. Murs et quelque chose s'infiltre à gauche du montant du faux bois de la fenêtre déverni, je m'efforce d'ouvrir et quelque chose comme une odeur inconnue vient s'infiltrer et plus rien bientôt ne tient à rien.
Les murs ne sont qu'un faible obstacle, mince.
Je devrais descendre dans la rue voir au café comment vont les gens prendre les battements de la détresse et des figurations humaines. Derrière les rides c'est l'habituelle rumeur des moment que l'on prend pour soi au temps, parce qu'on est ensemble. Qu'on a pu s'isoler pour un temps dans cette arrière salle, entre les autres et qu'on arrive à se voir un instant. Un instant je parviens à se voir, creusant je ne sais quelle histoire importée, autrefois, tout à l'heure, en entrant
avant d'entrer j'ai suivi dans la rue les pas, je n'ai pas suivi elle a pris mon chemin pour un temps jusqu'à cette porte, j'ai mis mes pas dans les siens, je l'ai suivi jusqu'à la quitter, jusqu'à décider l'habituel rupture des mondes, l'habituelle scission des apparences qui fait que ma vie ne lui appartient pas (pas plus qu'à moi) qu'elle n'en est pas responsable qu'elle n'a aucun droit à me toucher pas plus que moi de la voir. Pourtant j'ai vécu bien plus longtemps qu'elle n'aurait pu le penser, avec elle.
Puis, je me retrouve au café et sciure et plancher noir, je mordille la mine de mon crayon je décide de ne plus noircir ce log-book, et de ne plus rien accrocher, sur les murs
14:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
descente
Ainsi les chroniques succéderaient aux chroniques comme autant de chutes autant de marchepieds vers, vers autant de couleurs et de répétition, c'est à dire d'état de ce qui se peut encore s'entendre dans la langue et dans ta voix tu n'oublies pas n'est ce pas tout ce déploiement des étoiles vers toi et ta vie qui ne peux s'envisager sans cet écart minimal d'Ouest en Est, pour acquérir ce timbre si particulier, si voilé, bleu où, subitement, quelque chose s'écarte, je ne veux plus rien vendre oui je me suis arrêté de travailler je ne fais même plus rien que me pencher et regarder la manière dont s'en va le monde, les écarts qu'il produit, et parfois les éclats je ne sors pour plus rien qu'acheter le strict nécessaire au café d'en face, et je n'attends plus rien qu'un signe bouleversant qui ne serait pas une présence, qui finirait encore pas s'effacer pour laisser plus son cours à quelque cataracte, de la faim.
Soupente et goutte et rythme de la pluie j'attends qu'elle commence je
m'évanouis.
14:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Inconnu
C'est bien de débuter sans paroles de ne pas savoir qui ni quoi ni comment ni où soi ni où soit, ni ainsi soit-il, ni si aller vers ni qui voir quoi et comment se mouvoir juste cette envie de créer du divers avec la langue et et sachant qu'il faudrait un miracle pour l'apercevoir - comme s'effacerait un miroir sous un souffle, rien à vendre.
Savoir que peut-être c'est affaire de vitesse et d'échanges et pour rien et le silence tout à la fin et qu'on est à la fin et presque au milieu, qu'on franchit quelque chose et qu'il s'agit de le dire, tandis qu'on le fait, même si cela ne va pas, comme il va de soi, sans heurts, sans nervures, sans rendre quelque chose de l'apparence des choses, en passant.
Et qu'écrire pour rien est le seul geste d'écrire. Ou pour une figure absente. I.e, inconnue.
14:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jusants
concevoir les choses par leur absence même si on la perçoit depuis longtemps, différente, différemment
essayer de rencontrer quelqu'un de la même manière
parce qu'on lui lui parlerait de la même chose
et qu'on aurait les mêmes silences
mais elle avec ses paupières,
dirait-on, ferait basculer tout un monde.
13:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


